COMMUNIQUE DE L’ASSOCIATION DU SOUVENIR DU CORPS EXPEDITIONNAIRE RUSSE EN FRANCE (1916-1918)

20 décembre 2010 at 17 h 08 min

« DEPUIS PLUS DE QUATRE VINGT DIX ANS, LA FRANCE MANIFESTE SA
GRATITUDE ENVERS LE CORPS EXPEDITIONNAIRE RUSSE (1916-1918) »

En cette année 2010 – année croisée de la Russie en France et de la France en Russie-, l’ASCERF, Association du souvenir du Corps expéditionnaire russe en France (1916-1918), gardienne de la mémoire du Corps, tient à rappeler les témoignages de gratitude de la France envers ce dernier.


Dès 1916, les autorités gouvernementales françaises concernées se sont préoccupées du sort des dépouilles des soldats russes, morts au combat ou dans les hôpitaux militaires. Des carrés militaires russes ont ainsi été créés dans différents cimetières de France. En 1925, un cimetière national militaire leur a été consacré à Saint-Hilaire-le-Grand (Marne), qui devait regrouper l’ensemble des morts du Corps expéditionnaire.

Depuis cette époque, ce cimetière appartenant au ministère français de la Défense, est entretenu et fait l’objet de tous les soins de la part de ce dernier. En 2011, il accueillera, à la demande de l’Association du souvenir du Corps expéditionnaire russe, un monument aux morts, destiné à remplacer celui, aujourd’hui disparu, qui ornait le premier cimetière, créé en 1916 en ce même endroit.

Ce cimetière, connu dans le monde entier, figure dans tous les guides de la région et est visité toute l’année. Près de 1000 morts Russes y reposent. Un excellent descriptif de l’histoire du Corps expéditionnaire est apposé sur les murs du portail du cimetière.

En face de celui-ci, dans une clairière à 20 mètres de la route, sur le terrain militaire de Mourmelon-le-Grand, une stèle commémorative appelle les enfants de France à venir fleurir ce site, à la mémoire des amis russes tombés au combat.

A une dizaine de kilomètres de Saint-Hilaire-le-Grand se dresse au milieu des champs un grand monument-ossuaire, le mémorial de la Ferme de Navarin. Sur sa façade on relève la dénomination des brigades russes ayant participé aux combats. Sa crypte abrite une plaque murale dédiée aux 4000 Russes tombés en terre champenoise.

Le ministère de la Défense entretient également de nombreux cimetières et carrés russes en province et à Salonique, où s’illustra une autre partie du Corps expéditionnaire.

L’Association des officiers russes, anciens combattants sur le front français, devenue en 1991, l’ASCERF à la disparition du dernier d’entre eux, coopère étroitement avec le ministère de la Défense, le secrétariat d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants et l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, les autorités civiles et militaires, pour perpétuer la mémoire du Corps expéditionnaire et le faire connaître.

Dans ce but, elle a acquis un terrain jouxtant le cimetière de Saint-Hilaire-le-Grand et y a bâti en 1937 une chapelle commémorative orthodoxe. Un pèlerinage annuel y attire des centaines de participants de toutes nationalités, venus honorer la mémoire des combattants russes. Chaque année également, l’ASCERF ravive la Flamme du Soldat Inconnu.

Dans ses actions, l’Association est soutenue moralement et logistiquement par les autorités gouvernementales en charge de la mémoire combattante ainsi que par les édiles régionaux, les associations patriotiques locales, soucieuses de manifester la reconnaissance de la France envers l’engagement de la Russie et les sacrifices des combattants russes.

Cette liste de manifestations de gratitude, de lieux de recueillement consacrés aux soldats russes, n’est pas exhaustive. Comme telle, elle témoigne que la France n’oublie pas ses amis et alliés russes qui ont offert leurs vies au nom de la solidarité et l’amitié entre la Russie et la France. L’ASCERF, unique association issue du Corps expéditionnaire russe, gardienne légitime de sa mémoire, lui en est particulièrement reconnaissante.

La stèle, inaugurée le 4 septembre 2010 au fort de la Pompelle à Reims, est le plus récent des témoignages de reconnaissance français envers le Corps expéditionnaire russe. Nous sommes convaincus qu’il ne sera pas le dernier.

Paris, le 1er octobre 2010